TORTUE LUTH
Tortue luth (Dermochelys coriacea)
Famille : Dermochelyidae
Taille : 2 mètres
Poids : 450kg
Espérance de vie : estimée entre 45 et 50 ans mais inconnue
Description physique
La Tortue luth est la plus grosse tortue marine du monde. C’est la seule espèce de tortue marine qui n’a ni écaille ni carapace dure. La Tortue luth a, en effet, une peau caoutchouteuse principalement noire avec une coloration blanc rosâtre sur sa face inférieure. Sa dossière se compose de petits os dermiques imbriqués sous la peau. Ses grandes nageoires permettent à la Tortue luth de disposer d’un équipement unique pour réaliser des migrations sur de longues distances.
Habitat et régime alimentaire
La Tortue luth vit dans de nombreux océans différents à travers le monde. Elle est largement connue comme un animal pélagique, mais est observée dans les eaux côtières lors de la recherche de nourriture. Elle vit dans les océans tropicaux et tempérés et les plages de nidification sont principalement situées dans les latitudes tropicales du monde entier. La Tortue luth est un carnivore qui se nourrit en pleine mer. Ses principales proies sont les invertébrés gélatineux, majoritairement les méduses et les salpes. Cependant, elle s’attaque aussi à d’autres proies, notamment des petits crustacés et des poissons, des céphalopodes, des oursins et des gastéropodes.
Statut de conservation
La Tortue luth est inscrite comme espèce « vulnérable » sur la liste rouge de l’IUCN. Les menaces qui pèsent sur la prospérité de cette espèce sont nombreuses. La Tortue luth est notamment victime de captures accidentelles, de collisions avec les bateaux, et est encore chassée pour sa viande dans certaines régions du monde. Enfin, les changements climatiques engendrent une perte d’habitat et de nidification considérable pour cette espèce à cause de l’élévation du niveau de la mer. Le dérèglement climatique impacte aussi la détermination sexuelle des nouveaux nés qui est thermo dépendante chez les tortues. En effet, le sexe de l’embryon est déterminé par la température de son environnement pendant l’incubation. En deçà de 30°C, l’embryon donne un mâle, à partir de 30°C, c’est une femelle. Normalement, la femelle choisit une zone avec des variations spatiales de températures afin d’avoir un bon ratio mâle/femelle. Or, le réchauffement des zones de nidification lié au dérèglement climatique commence à poser problème dans ce ratio : il ne naît plus beaucoup de mâles.
Présence en Bretagne
C’est la seule tortue marine que l’on peut trouver en Manche. En effet, la Tortue luth dispose d’une grosse couche de gras qui lui permet de résister aux eaux froides. Son observation reste donc rare mais n’est pas anormale.
Anecdote
En 2011, une tortue luth fut découverte sur la plage de la Touesse à Saint Coulomb. Le directeur d’Al Lark, aidé d’un promeneur qui se trouvait sur les lieux, a procédé au renflouage de l’animal. La Tortue luth pesant près de 250kg, l’intervention ne fut pas des plus facile mais s’est conclue par une remise à l’eau réussie.
En 2009, une tortue luth avait été retrouvée échouée dans la baie du Mont Saint Michel. Sa nécropsie avait révélé la présence d’une grande quantité de plastiques dans son estomac. La gorge et l’œsophage de la Tortue luth sont tapis d’épines souples qui lui permettent, lorsqu’elle se nourrit, de retenir les proies et d’évacuer l’eau. Or, lorsqu’elle ingère des déchets plastiques, qu’elle confond avec des méduses, ces derniers ne peuvent plus être rejetés ; retenus par ses épines, ils viennent alors remplir et boucher son estomac.
